La symptomatologie d'une intoxication au CO peut être expliquée par
deux mécanismes pathophysiologiques:
a. la liaison du CO sur l'hémoglobine joue un rôle en cas d'atmosphère
hautement polluée par le CO. Elle entraîne une hypoxie aigüe, qui se
traduit par des maux de tête, vertiges, perte de connaissance rapide. Les
symptômes disparaissent rapidement lors de l'évacuation de l'intoxiqué
du local et l'administration d'oxygène au masque. Taux de CO-Hb
approximatif en cas de symptômes: 25%.
b. la liaison du CO sur les systèmes cytochromiques et enzymes
tissulaires est à la base d'une intoxication tissulaire
"cytotoxique" qui s'établit plus lentement, mais qui résiste
plus longtemps à un traitement par oxygène. Elle se fait à partir du CO
qui est physiquement dissous dans le plasma, et peut se faire avec des
taux de CO-Hb bas (10-20%). Comme la désintoxication des tissus doit se
faire par un apport augmenté d'oxygène en périphérie, cette désintoxication
a un retard considérable par rapport à celle de l'hémoglobine (8 - 12
heures). Symptômes dus à ce mécanisme: maux de tête, vertiges, précordialgies,
examen neurologique anormal (réflexes, conscience), persistant après 1
heure à 1,5 heure d'oxygénothérapie normobare (= t1/2 CO-Hb). Pouvoir déterminer
le temps d'exposition lors de l'évaluation des symptômes est donc d'une
grande importance.
Indication d'une OHB en cas de:
PERTE DE CONNAISSANCE, même brève, lors de l'intoxication.
On pourrait faire une exception si le patient, après une courte
exposition, est complètement asymptomatique après une heure d'oxygénothérapie
normobare, mais toutefois, si le transfert sait se faire dans l'heure
qui suit la découverte, une OHB est à conseiller.
SYMPTOMES NEUROLOGIQUES: seuls les symptômes objectivables
doivent être pris en considération: des maux de tête ne le sont
p.ex. pas, mais des maux de tête accompagnés de vomissements, d'une
photophobie, sont à considérer comme sérieux. Les vertiges sont
uniquement importants s'ils provoquent des vomissements ou s'ils empêchent
la victime de se tenir debout. D'autres symptômes importants:
faiblesse musculaire importante (difficulté pour tenir debout),
diminution de la conscience (état stuporeux ou comateux), réflexes
ostéotendineux asymétriques ou très vifs, troubles de concentration
(impossibilité de faire des simples calculs mentaux). En général,
on peut encore considérer comme sérieux tous les symptômes de maux
de tête, vertiges et malaise généralisés persistants après une
heure d'oxygénothérapie normobare (au masque non-rebreather, avec
sac réservoir, à un débit de > 15l/min). Ces patients doivent être
transférés, si possible, pour une OHB.
SYMPTOMES CARDIAQUES, même si l'ECG paraît normal.
FEMMES ENCEINTES.
Les patients qui arrivent au service des urgences de l'HMRA avec les
plaintes suivantes seront également traités par OHB: (en soi, ces cas ne
justifient pas toujours un transfert vers l'HM)
ENFANTS < 10 ANS AVEC SYMPTOMES, même mineurs,
CO-Hb > 25% à l'entrée Hôpital, même si
asymptomatique.
L'OHB se fait en une séance de 90 minutes. Si le patient n'est
toujours pas asymptomatique, une deuxième séance peut être donnée 6
heures après.
Alternatives pour OHB:
Donner de l'O2 en normobare, dans un masque hermétique, avec sac réservoir,
à >15l/min, pendant 6 heures, ou pendant 2 heures après normalisation
du CO-Hb ou disparition des symptômes.
Remarque: En cas d'INHALATION DE FUMEE une OHB précoce
permet de prévenir en grande partie l'apparition de l'inflammation
pulmonaire, indépendante du taux de CO-Hb.
GANGRENE GAZEUSE - INFECTIONS DES TISSUS MOUS A
ANAEROBES
Notions théoriques:
En cas de gangrène gazeuse clostridiale, l'OHB permet d'obtenir des
pressions d'O2 dans les tissus infectés d'au-delà de 250mmHg, ce qui
inhibe rapidement (mais temporairement) la production de l'alphatoxine par
les Clostridia. Ceci permet d'arrêter la progression fulminante de
l'infection, à condition de traiter de façon répétée (en pratique, 3
traitements sont donnés les premières 24heures, ensuite, 2 traitements
par jour). En plus, l'OHB crée une atmosphère aérobe au sein des tissus
infectés, ce qui a un effet bactériostatique sur les germes (anaérobiques)
eux-mêmes. Et, de plus, la restauration des pressions d'O2 locales adéquates
rend un pouvoir bactéricide suffisant aux polynucléaires neutrophiles présents.
Enfin, certains antibiotiques (p.e. les aminoglycosides) ont une efficacité
réduite dans des milieux hypoxiques.
En cas d'infection importante des tissus mous (soit fasciite ou
cellulite nécrosante, soit gangrène de Fournier, soit myosite
non-clostridiale, soit pyoderma gangrénosum), l'OHB peut également
apporter un "plus" substantiel (mais de façon moins
spectaculaire) au traitement, par les mêmes effets.
Indication d'une OHB en cas de:
GANGRENE GAZEUSE CLOSTRIDIALE (présence de bacilles gram+
sur frottis, progression fulminante, gaz intramusculaire sur RX). Une
antibiothérapie triple, un remplissage vasculaire adéquat et, si
possible, un drainage des collections de pus et une fasciotomie
doivent précéder l'OHB. L'OHB se fait 3 fois dans les premières 24
heures, 2 fois par jour ensuite jusqu'à la maîtrise de l'infection
(en général, dès le 5ième jour).
INFECTIONS IMPORTANTES DES TISSUS MOUS La chirurgie et
l'antibiothérapie sont les piliers du traitement. L'OHB doit y être
associée lors d'une atteinte de l'état général ou une nécrose
imminente des tissus (oedème, état vasculaire précieux...) L'OHB se
fait à raison de 2 fois par jour.
Remarque: L'application d'une OHB précoce à titre préventif lors des plaies
étendues, souillées et/ou avec état vasculaire précieux (NB. syndromes
des loges, crush) se défend de plus en plus, surtout lors de fractures
ouvertes (les ostéites étant en général très difficiles à traiter).
ACCIDENTS DE PLONGEE (MALADIE DE DECOMPRESSION)
Notions théoriques:
Lors de la plongée sous-marine (respiration d'air comprimé), de
l'azote se dissout progressivement dans les tissus du corps. Lors de la
remontée vers la surface, celui-ci se libère progressivement, d'où la nécessité
(après une certaine durée du séjour en profondeur) d'effectuer des
"paliers de décompression". Si le plongeur fait surface sans
avoir fait suffisamment de paliers, l'azote forme des bulles
intratissulaires ou intravasculaires (ce qui peut être le cas même si on
a respecté les "tables de décompression").
Il s'en suit un syndrome d'ischémie neurologique aigüe, pouvant
atteindre le tiers inférieur de la moëlle, le cerveau, le système cochléovestibulaire,(...)
ou des symptômes périarticulaires, lymphatiques, pulmonaires, cutanés.
Comme règle générale, toute symptomatologie survenue dans les 24 heures
après une plongée sous-marine, doit être considérée comme une maladie
de décompression jusqu'à la preuve du contraire.
Indication d'une OHB chez:
La pose de l'indication et le choix de la table de recompression thérapeutique
sont le domaine du médecin hyperbariste. Pendant le transport vers un
centre hyperbare multiplace, le patient doit être mis sous O2 100%
(15l/min dans sac non-rebreather), et, en cas de symptomatologie marquée
(parésie, nausées...), doit recevoir une perfusion de HARTMANN, 500cc en
3 heures (1 goutte/sec). Attention ! Une rétention urinaire est fréquente
!.
Les tables de traitement étant longues et le diagnostic parfois très
difficile, seuls des Centres expérimentés en médecine de plongée sont
capables d'assurer une prise en charge correcte de ce type de patient.
EMBOLIE GAZEUSE
Notions théoriques:
L'introduction d'air dans le système vasculaire, soit par voie
veineuse centrale au cours d'une intervention chirurgicale, soit par plaie
thoracique perforante, soit par surpression pulmonaire (respiration
artificielle ou accident de plongée), peut entraîner une perte de
connaissance brutale, des convulsions ou atteinte cérébrale majeure,
suivies éventuellement par une récupération neurologique plus ou moins
complète au cours des 30 minutes suivantes. Pourtant, dans ces cas, il y
a quasi toujours une dégradation secondaire de l'état neurologique à
craindre.
Le traitement par l'OHB permet la réduction du volume des bulles d'air
résiduelles, l'oxygénation rapide des tissus ischémiques et diminue
ainsi les phénomènes d'ischémie-réperfusion (la production de radicaux
libres).
Indication d'une OHB chez:
Lors de toute embolie gazeuse soupçonnée (histoire, clinique), après
stabilisation hémodynamique. Un traitement par drogues vaso-actives,
mannitol en cas d'oedème cérébral,... doit éventuellement être associé.
L'OHB se fait sous forme d'une table thérapeutique, qui dure environ 5
heures. En cas de récupération neurologique incomplète, des traitements
répétés d'OHB (90 minutes, 2x/jour) peuvent être instaurés. Il est à
noter que ces patients ont souvent un shunt artérioveineux pulmonaire
important lors des premiers jours (SaO2 basse), dû au passage des bulles
d'air.
Remarque: Bien que les résultats les plus spectaculaires soient
obtenus si le patient est traité dans les 6 heures après l'embolie
gazeuse, de bons résultats (récupération quasi complète) ont été décrits
même après 3 jours de coma profond.
PLAIES CHRONIQUES ISCHEMIQUES
Cette catégorie inclut: - plaies d'artérite stade IV, en cas d'échec
de toutes les thérapeutiques classiques, - ulcères variqueux rebelles, -
gangrène diabétique infectée ou pas, - plaies de (ostéo)radionécrose
(ORL, radiocystite), - ostéite/ostéomyélite réfractaire, c'est à dire
de durée de > 2 ans et d'échec de > 2 essais thérapeutiques bien
menés.
Notions théoriques:
L'OHB n'a aucun effet sur la guérison des plaies "normales",
où il n'y a pas d'hypoxie.
Dans les cas cités ci-dessus, souvent l'hypoxie est le seul facteur
qu'on ne sait pas corriger, en général car il s'agit d'une oblitération
des vaisseaux de faibles diamètres (artérioles, capillaires). Cette
hypoxie a un effet défavorable dans au moins deux grands aspects de la
cicatrisation: elle entretient l'infection (si présente) (diminution du
pouvoir bactéricide des PMN, inefficacité des AB), et elle empèche la
formation d'un tissu de granulation sain (qualité de collagène inférieure).
Pendant la session d'OHB, l'oxygène est dissous en grandes quantités
dans le plasma même (donc en surplus de l'O2 transporté par l'Hb), ce
qui permet une diffusion d'O2 péri-capillaire beaucoup plus importante
(distance de diffusion triplée). Pendant l'OHB, les PMN retrouvent leur
pouvoir de production de radicaux libres lysosomiaux. L'alternance
d'hypoxie et de normoxie ou hyperoxie, deux fois par jour, constitue un
stimulus très important de la production de collagène solide, et donc de
la formation d'un tissu de granulation sain. La restauration de ces deux
facteurs permet dans un grand nombre de cas, souvent après un temps de
latence de 10-15 jours, la cicatrisation de plaies dites "réfractaires".
Indication d'une OHB chez:
Les catégories de plaies cités ci-dessus, après consultation jumelée
du chirurgien (plastique/vasculaire/maxillifacial/ orthopédiste...) et du
médecin hyperbariste.
L'OHB se fait à raison de 2 fois par jour (90min) pendant au moins les
2 premières semaines. Ensuite, selon l'évolution, à raison d'une
session par jour, jusqu'à cicatrisation ou mise en place de
greffes/lambeaux. Ceci peut prendre jusqu'à 100 séances ! L'OHB est
toujours complémentaire au traitement "classique": pansements
locaux, contrôle métabolique du diabète, hyperalimentation,
antibiotiques,...).
SURDITE BRUTALE , TRAUMA ACCOUSTIQUE
Notions théoriques:
L'onde de choc du trauma sonore cause soit une hémorragie endocochléaire,
soit un oedème de la membrane basilaire. La symptomatologie en est une
surdité de perception, surtout des fréquences hautes (4000-8000 Hz)
accompagnée d'acouphènes (sifflements) importants. Dans environ 60% des
cas, il y a une récupération spontanée endéans les 24 heures.
Le traitement par OHB, s'il est instauré dans les 24 heures, permet
probablement de récupérer dans environ 90% des cas. Si le traitement est
commencé après 3 jours, les récupérations auditives sont beaucoup plus
faibles, bien qu'il puisse y avoir encore un effet marqué sur les acouphènes.
Indication d'une OHB chez:
Toute personne victime d'un trauma sonore ou, à la rigueur, d'une
surdité brutale d'origine inconnue. C'est un traitement d'urgence, qui
doit être instauré le plus rapidement possible.
L'OHB se fait en général à raison de deux séances par jour, pendant
5 jours. Traitement associé: une perfusion de 12g de Piracetam par jour,
entre les séances d'OHB. Repos physique et psychique complet,
interdiction de fumer.
AUTRES INDICATIONS
Greffes et lambeaux "en danger": L'administration d'une
ou plusieures séances d'OHB peut contribuer aux chances de survie de
greffes et lambeaux en cas d'ischémie critique (p.e. par oedème du pédicule),
durant les premiers jours après l'opération.
Brûlures: Il a été observé que l'application d'une ou
plusieures séances d'OHB très précoces peut, en cas de brûlures étendues
de 2ième degré profond, empêcher la progression de ces brûlures vers du
3ième degré, souvent observée dans les premières 24 heures après la brûlure.
Egalement, l'OHB peut aider - dans un second temps - à préparer le terrain
pour les greffes de peau, et ainsi réduire le temps avant une greffe
(important facteur de risque pour le développement des cicatrices
hypertrophiques). Finalement, en cas de perte d'une première greffe de
peau, on peut conseiller la préparation de la plaie par OHB (induction d'un
tissu de granulation sain) quelques jours avant la nouvelle greffe.
Autres indications:Des maladies rares peuvent bénéficier d'OHB:
la Pneumatose Cystoïde Intestinale, une infection bénigne en soi de la
paroi intestinale, qui provoque la formation de bulles intra- et
submucosales douloureuses; l'intoxication au tétrachlorure de carbone
(CCl4) et l'anémie sévère (par saignement) chez des patients que l'on ne
peut pas transfuser (Témoin de Jéhovah, ..). Il y a, en plus, un certain
nombre de maladies ou affections ou l'OHB semble être utile, p.e. les
migraines rebelles, les glaucomes, la maladie de Crohn... Cependant, les
recherches sur ces indications ne permettent pas à ce jour de déterminer
la place exacte de l'OHB dans le schéma de traitement.
Principes de base de l'oxygénothérapie hyperbare
Historique
L'oxygénothérapie hyperbare (OHB) est très peu connue en Belgique.
Contrairement à la France, aux Etats-Unis, à l'Italie, il n'y a presque
pas de Centres de Médecine Hyperbare chez nous. Il y a des chambres
hyperbares, certaines d'entre elles ont même été récemment renouvelées.
Mais trop souvent, pour des raisons diverses, leur usage réel n'est pas
en comparaison avec leur intérêt potentiel.
Pourtant, aussi bien dans le domaine des urgences que dans la médecine
"éléctive", l'OHB trouve un certain nombre d'indications où
elle peut s'avérer salvatrice de vies ou de qualité de vie. Comme pour
tout médicament, l'indication pour l'oxygène sous pression doit être
bien posée. Comme pour tout médicament, il faut que le dosage de l'oxygène
sous pression soit bien contrôlé. Comme pour tout médicament, il faut
que l'administration de l'oxygène sous pression soit bien dispersée dans
le temps.
Si ces trois conditions ne sont pas remplies, il est illusoire
d'attendre des résultats favorables d'un traitement par OHB. Comme
l'administration d'un antibiotique ne fera aucune différence dans le
cours d'une maladie s'il n'y a pas d'infection, l'administration d'une OHB
n'aura aucun effet s'il n'y a pas de défaut d'oxygénation (général ou
local) en premier lieu.
Effets de l'oxygénothérapie hyperbare
En bref, l'OHB tente de restaurer une pression en oxygène normale ou même
supranormale dans des tissus dépourvus d'oxygénation suffisante. Le
moyen choisi est l'inhalation d'oxygène pur à des pressions
supra-atmosphériques - en général 2,5 atmosphères absolues (ATA). Pour
de simples raisons physiques, la pression extracorporelle doit être égale
à celle dans les poumons, donc le patient doit être soumis, dans son
entièreté, à cette même pression.
Les installations hyperbares
Toute installation hyperbare, plus ou moins compliquée, ne sert qu'à
celà: créer une pression de l'air ambiant qui est en équilibre avec
celle de l'oxygène inhalé.
Il existe deux types de chambres hyperbares
Le caisson monoplace est, en Belgique, le plus répandu. Il consiste en
un cylindre étanche, de faible diamètre, dans lequel le patient est
glissé. Il est ensuite pressurisé à l'aide d'oxygène pur. Dans ce type
de caisson, le patient est physiquement isolé. Une communication visuelle
et auditive est cependant possible. Le plus grand problème est pourtant
cet isolement du patient. Si un patient est dans un état hémodynamique
ou respiratoire critique, l'examen clinique est impossible et il faut
alors se fier à une observation à distance ou, en cas de détresse
vitale, opérer une décompression rapide.
Les chambres multiplaces sont plus spacieuses et le traitement simultané
de plusieurs patients y est possible. Plus important: un ou plusieurs
infirmiers et médecins peuvent accompagner et observer le malade pendant
tout le traitement. La mise en pression se fait à l'air comprimé, et
seul le malade respire de l'oxygène par un masque de visage hermétique,
un tube endotrachéal, une cloche en plastique ou en plexiglas. Dans ce
type de chambre hyperbare, il est non seulement possible d'assurer une
surveillance appropriée d'un patient en état critique, mais, grâce à
cette surveillance continue, on observe une fréquence nettement diminuée
de barotraumatismes de l'oreille moyenne chez les patients.
Perfusions, pousse-seringues, respi, aspiration, monitoring peuvent
tous être prévus à l'intérieur de la chambre hyperbare. Une chambre
multiplace peut donc être transformée en chambre de soins intensifs
complète, et le traitement intensif ne doit jamais être interrompu.
Aspects techniques
L'Hôpital Militaire Reine Astrid a joué un rôle précurseur
en ouvrant, en 1991, le premier centre hyperbare hospitalier en Belgique. La
chambre qui équipait alors notre service était une chambre reçue en prêt par
la composante terrestre de l'Armée belge.
La COMEX 1500 est à l'origine, une chambre de secours pour plongeurs. Bien que
médicalisé et adapté, notre Yellow Submarine ne répondait pas à une définition
de chambre hyperbare thérapeutique.
Très rapidement, nous avons entamé des recherches afin d'acquérir
une véritable chambre hyperbare thérapeutique hospitalière. Dans ce cadre,
des dizaines de visites nous ont été necéssaires afin voir et comparer les
différents produits existants sur le Marché ainsi que leur évolution auprès
de l'utilisateur. Nous en étions arrivés à la conclusion que s'il existait
des chambres hyperbares adaptées au milieu hospitalier, il n'existait pas, par
contre, de chambres hyperbares spécifique à ce milieu !
Nous avons donc procédé aux déterminations et spécifications
d'un appareil médical qu'est une chambre hyperbare thérapeutique.
Dix ans après, nous avons pu ouvrir notre nouvel outil. Cette
chambre est le premier module d'un ensemble hyperbare ultérieur. Sa destination
finale va vers les patients de soins intensifs. Ce sont deux lits qui peuvent être
immédiatement introduit à l'intérieur de la chambre qui pourra recevoir tous
les équipements utilisés en unité de soins intensifs (moniteur, perfusions,
respirateur artificiel, etc...)
Naturellement, pour créer toutes les conditions de sécurité pour le patient
mais aussi pour le personnel médical, nous avons veillé à développer des
volumes intérieurs spacieux. A cette fin, les dimensions internes de la chambre
sont une longueur de 8500 mm pour un diamètre de 2800 mm. La chambre thérapeutique
ayant un volume de 40 m³.
Comme cette chambre doit être polyvalente durant quelques années,
l'aménagement intérieur permet également de recevoir quatre patients sur
brancards ou seize patients assis confortablement.
Nos patients chroniques sont particulièrement choyés. En
effet, à chaque traitement ils ont le difficille choix entre trois programmes
radios, deux CD et un film délassant. Naturellement, la lecture reste possible
via un éclairage personnalisé !
Le tableau de commandes relatif à cette installation, est entièrement
informatisé. La surveillance des paramètres est répartie sur deux ordinateurs
à fonction exclusive; le premier prend en charge les paramètres de temps et
pression et le second, les paramètres de distribution de gaz thérapeutiques
mais aussi centrale des alarmes. Rien n'est laissé sans contrôle !
Toutes ces commandes informatisées sont doublées par des commandes électriques,
elles mêmes doublées par des commandes manuelles. Rien n'est laissé au hasard
!
En ce qui concerne les besoins en air, vous devinerez qu'ils
sont énormes...pas moins de 200.000 litres d'air sont nécessaires au déroulement
d'un protocole "normal" (2.5 ATA durant 90'). Les réserves d'air sont
donc conséquentes, à savoir 500.000 litres d'air gonflés par 2 unités de
compression HP de 72 m³/ Hr chaque.
Mais tout cela ne sert à rien sans du personnel qualifié et de
qualité !
Là non plus, pas de secret ! Seules des formations permanentes, participations
à des symposiums, congrès, etc... pour toutes les catégories de personnel
permettent d'assurer qualification et qualité.
Mais la réussite d'un centre hyperbare est surtout le fruit
d'un travail d'équipe avec, en ce qui nous concerne, trois pôles: les médecins,
les infirmiers et les Caisson Masters.
Sans dévaloriser les rôles essentiels des médecins et infirmiers, ce sont les
Caisson Masters qui font "tourner" la machine et ici on les appelle
les mousquetaires: au service de la chambre hyperbare 24/24 hrs: Robert,
Christian, Bart, Daniel et Yoerik assurent et rassurent par leur
professionnalisme, une solide formation para-médicale et une disponibilité
sans faille vers nos patients.